Pereira Lima - O Poeta do Milênio

LE MONDE A VENIR



Traduit du Portugais par Mme. Lotar.
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    PEREIRA LIMA (Alfredo) naquit au Brésil em 1925. Il vécut à Rio de Janeiro, où il travaillait pour le Ministère de l'Education et de la Culture. Auteur d'un livre sur la philosophie de l'Histoire: "Loi de la Population" d'où son esthétique poétique fut extraite et définie: L'Essencialisme. Il écrivit aussi plusieurs comédies.




    L'AMBITION DE LA POÉSIE

    Tu seras aimée quand tous les hommes seront de même couleur,
    Comprise quand l'humanité vivra en paix,
    Belle, même dans le paysage d'autres mondes!
    Émerveillée un jour, par les Espèces que nous connaîtrons!

    * * *

    Tu auras des ailes! Des inventions te mèneront vers les astres -
    Grands comme l'avenir! Fermes comme le Passé!
    Tu pénétreras les secrets étoilés!
    Tu rencontreras des êtres d'une autre Espèce!
    Tu ne souffriras jamais plus l'angoisse
    D'être le seul à penser l'Univers!


    * * *


    Vous d'autres millénaires à venir! que sera de notre orbe fatigué?
    Quelqu'un de martial se souviendra d'en faire
    Un blason en étendard,
    Peut-être, en augmentant la douleur passée,
    Y fera-t'on le banissement des prisonniers éxilés,
    Ou le phare astral des vaisseaux perdus...
    Des peintres, plus heureux, le peindront d'un autre espace;
    Amants en lune de miel, vous aurez la plus belle alcôve:<
    Puisque tout chez lui fut l'oeuvre de l'amour!
    Des maîtres des cours d'Histoire, montreront le ciel aux enfants...
    Ils verront du très haut le Néant consommé!


    * * *


    LE CONSEIL DE LA LUNE

    En conquérant l'éther tu viendras à moi,
    Tu découvriras mes vallées et mes cratères.
    Ne les ensanglantes pas, alors! Avant toi
    Tes visions étaient déjà venues jusqu'ici!

    L'ADIEU DU SOLEIL

    Tu vivras demain dans un autre univers!
    Noublies pas là-haut, ce petit vieux -
    Lumière - je sculptai, pour toi, toutes les formes!
    Souviens-toi dans l'Apogée! même dans l'Inconscient
    Je créai les formes de tes rêves!

    LES COLOMB FUTURS

    A l'instant où l'on pénètre dans l'Inconnu!
    Sortir de la Terre! Voir des êtres jamais vus! Mondes inimaginables,
    Jamais touchés par des pieds des yeux humains!
    C'est plus que vivre! l'Homme naissant endormi:
    C'est pénétrer les yeux grands ouverts vers l'Ignoto!


    * * *


    J'ignore si dans les orbes que tu habiteras,
    Tu auras les mêmes horizons: avec des fleurs, des mers, des montagnes;
    Je ne sais si demain des soleils plus grands,
    Des lumières plus fortes, illumineront mieux les choses pour toi;
    Je ne puis savoir les machinismes que tu inventeras encore,
    Si tu créeras des êtres artificiels,
    Si en te mélangeant à une autre Espèce tu feras une Super-Espèce!
    D'une chose je suis sûr: tu mourras toujours horizontalement,
    Le ciel sera toujours jeune, puisque sans ride.
    Les larmes te laveront toujours les yeux
    De l'impureté universelle.

    L'ADIEU DE LA TERRE


    I

    Le soleil se refroidira... je mourrai bien vieille
    Enveloppée de ténèbres pour me souvenir
    De l'obscurité dans laquelle je naquis.
    Mes cheveux seront blancs comme les glaciers,
    Et les eaux dilluviennes de la fin -
    Seront pleurs que j'ai tant versés!

    II

    Quand tu habiteras une autre planète
    Et moi, muette, j'errerai dans l'éther -
    Ne me maudis pas si dans les guerres je t'ai élevé!
    Dans les nuits étoilées je serai la Lune - je t'éblouirai...
    Tu verras dans le ciel ton passé tout entier...
    Je fus le Crime, je serai la Poésie!

    III

    Nous ne savons rien sur le mystère du sépulcre de l'espace!
    Je tourne sur moi-même et ainsi je ne trouverai jamais la Verité.
    Seule, la Lune, fidèle dans l'infortune, ne se détourne pas de nous
    Et malgré tout, illumine les ténèbres de l'existence...

    IV

    Ô Dieu!
    Même dans les plus grandes détresses nous ne T'avons jamais vu:
    Sur la Terre Tu es venu pour y faire le premier Homme.
    Et sans doute Tu y reviendras quand le dernier Homme partira...

    V

    Un jour, musée astral, je deviendrai... des touristes me parcourront
    Et verront à chaque pas une épopée...
    Tout semblera inachevé, être et ne pas être
    Comme le geste des héros sur l'airain.
    Des ruines... vous seules, vous prouverez
    Que le Temps est le dernier architecte.

    LA PROPHÉTIE DE L'ÉTOILE

    I

    Tu t'achemineras par des voies sidérales!
    Et pleine de regrets je rêverai:
    Quand tu étais enfant,
    Je t'ai enveloppé dès ton berceau de mon manteau de beauté
    Et j'ai guidé tes premiers pas!

    II

    Le mystère, en vain, tu chercheras.
    Parmi les astres incommensurables tu comprendras:
    La Vérité est de la grandeur de l'Infini.

    III

    Le sablier est la véritable horloge de l'Homme:
    Par le sable il marque les heures des choses qui ne seront que sable...

    IV

    Le Ver rongera tout
    Excepté ton ombre, ton rêve, tes larmes.

    V

    D'un Univers à l'autre, au delà, tu avanceras
    Alors que l'horizon sera le quai des yeux.

    LE CIEL

    Je suis ton éternel confident:
    Tu me regardes aux heures de détresse!
    Bombe d'Hydrogène! Famine! Sang! Ne gémis pas!
    Peut-être au delà de la Terre y a-t-il le désespoir!
    En pénétrant tous les mystères cosmiques
    Le ciel connaît des douleurs que tu ne connaîtras jamais!

    LA MER

    Comme au loin tu m'entends dans une coquille
    J'entendrai un peu de ton histoire
    Même si tu demeures dans un astre lointain.
    Des galères aux porte-avions dont le sépulcre est mon sein -
    Je vis ton progrès,
    Dans les plaies des naufrages - je vis tes guerres,
    Dans les trésors submergés - je vis ta perdition.

    POUSSIÈRE

    Fidèle, je suivis tous te pas:
    Quand tu seras dans une autre planète
    Tu auras encore du sable à la plante de tes pieds!
    Je perpétuai ton orgueil sur le marbre, sur l'airain!
    Quoique ne les ayant pas donnés
    Je sculptai la plus pure statue - le crâne.


    * * *


    O Immortalité humaine! tu veux être plus grand
    Que l'Immortalité de la planète!


    * * *


    [Je me souviens de] Pompéi, Karnak, Memphis...
    l'Humanité s'achèvera sans laisser de traces.
    Des Archéologues martiens parcourront la Terre morte,
    Éblouis, ils reconstitueront les Ères.
    Ni les regrets mêmes, ne nous appartiendront!


    * * *


    Dans une tombe millénaire égyptienne
    Des empreintes humaines furent trouvées sur les sol
    De quelqu'un que nous ignorons et qui ne nous imagina jamais
    Époque - ligne d'un livre -
    Un inconnu studieux de l'avenir,
    Dans la bibliothèque d'une autre planète,
    Lira cette ligne sans savoir ce que nous fûmes.


    * * *


    L'Infini nous prend et pèse sur nous!
    Imagine-toi s'il n'était pas d'azur...


    * * *


    La fleur se fâne, la pierre se désagrège, l'Homme se ride,
    La Création vieillit... et le Créateur?


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